Le bonheur
Jérémie 17,
5-8
Psaume 1
1Corinthiens 15, 12…20
Luc 6, 17…26
Le cadre
La
chance d'une petite communauté qui célèbre
est de pouvoir échanger, se parler. La liturgie porte
des fruits pour la sanctification des fidèles, dans
la mesure où leurs vies, avec joies et difficultés
quotidiennes, avec événements familiaux et
sociaux, n'en sont pas exclues.
Aujourd'hui, on prend le temps de se donner des nouvelles
: quels événements marquants, cette semaine
? Quelles rencontres ? Un tel est-il malade ? Comment ça
se passe à l'école ? A la maison, y a-t-il
une bonne entente ? Etc.
Le sujet
le
bonheur
La 1ère lecture (Jérémie) et le psaume
donnent une image de l'homme heureux, adaptée aux
pays chauds : il est comme un arbre planté près
d'un ruisseau, il ne craint pas la chaleur, la sécheresse,
son feuillage reste vert, il porte du fruit.
Même si l'on est en hiver, la comparaison de l'arbre
peut être développée avec les enfants
à propos du bonheur. La phrase affichée fait
mémoriser l'image : " Comme un arbre planté
près d'un ruisseau " (ps.1). Le bonheur que
la Parole de Dieu promet est celui des Béatitudes
(évangile).
L’ancrage liturgique
la
résurrection fêtée
La résurrection de Jésus est célébrée
tous les dimanches de l'année, comme autant de reflets
du dimanche de la Résurrection : Pâques.
Comme elle fut la joie des apôtres et premiers disciples,
la présence du ressuscité est la joie des
croyants qui se rassemblent. Une liturgie de la messe bien
menée fait transparaître cette joie : la résurrection
de Jésus le Christ est le bonheur des croyants ;
On peut le faire remarquer aux enfants et leur demander
s'ils y croient (cf. 2ème lecture : st Paul).
La lecture
l'évangile selon saint Luc (6,17…26)Béatitudes et malédictions. Les Béatitudes du discours sur la montagne (st Matthieu) sont plus connues et enseignées au catéchisme. Cependant, ce texte est lu intégralement avec un bref commentaire à partir des questions des enfants.
L’action
<Un échange est introduit sur le sujet du bonheur vécu par les enfants. Sans l'idéaliser, il est toujours mêlé aux expériences douloureuses. Par exemple, le bonheur de guérir d'une maladie, de se réconcilier après une bagarre, d'avoir su renoncer à se venger, de réussir après un échec (à l'école ou en sport). Ainsi, ces questions peuvent aider à s'exprimer : Qui a eu le bonheur de guérir ? Raconte. Qui a eu le bonheur de se réconcilier ? Raconte. Etc.
L'échange se poursuit sur le bonheur de croire : Qui a ressenti du bonheur de croire en Dieu ? Raconte. Y a-t-il une phrase de la parole de Dieu qui te rend heureux ? Laquelle?
Pour conclure l'animateur fait lire le psaume 1.
Le déroulement
. Accueil et dialogue initial : Des nouvelles à se
donner, de la semaine, les uns des autres.
. Alléluia : Acclamation chantée avant l'évangile,
qui rappelle la joie de la résurrection au coeur
de chaque dimanche.
. Lecture : Evangile de Luc (6,17…26). Bref commentaire
- questions des enfants.
. Action : Echange sur le bonheur.
. En final, lecture du psaume 1.
La préparation
. La phrase à afficher : " Comme un arbre planté
près d'un ruisseau… "
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là, Jésus
descendit de la montagne avec les Douze et s'arrêta
dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de
ses disciples, et une grande multitude de gens venus de
toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral
de Tyr et de Sidon.
Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara
: " Heureux, vous les pauvres : car le Royaume de Dieu
est à vous ! Heureux, vous qui avez faim maintenant
: car vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez
maintenant : car vous rirez ! Heureux êtes-vous quand
les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils
insultent et rejettent votre nom comme méprisable,
à cause du Fils de l'homme. Ce jour-là, réjouissez-vous,
tressaillez de joie, car alors votre récompense est
grande dans le ciel ; c'est ainsi, en effet, que leurs pères
traitaient les prophètes.
Mais quel malheur pour vous les riches : car vous avez votre
consolation ! Quel malheur pour vous qui êtes repus
maintenant : car vous aurez faim ! Quel malheur pour vous
qui riez maintenant : car vous serez dans le deuil et vous
pleurerez. Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes
disent du bien de vous ! C'est ainsi, en effet, que leurs
pères traitaient les faux prophètes. "
Psaume 1 :
Heureux est l'homme qui n'entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, ne siège pas avec ceux qui ricanent, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit
Il est comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu'il entreprend réussira.
Tel n'est pas le sort des méchants. Mais ils sont comme la paille balayée par le vent. Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra.
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Parole en plus
Le bonheur et le malheur nous appartiennent alors que le plus souvent on croit que Dieu le distribue à sa guise, avec des inégalités choquantes à nos yeux. Heureux ou malheureux, il dépend de nous de l'être, avec ce qu'on a, avec ce qu'on est. Le choix du bonheur ou du malheur est notre affaire. L'évangile de Luc semble nous mettre en face de cette responsabilité qui est individuelle et collective; Ce qui rejoint curieusement l'actualité où l'on prend conscience que l'avenir de la vie sur notre planète, du bonheur sur terre, dépend de chacun et de tous. Exemple : si l'on détruit les abeilles avec des insecticides mortifères, les malheurs en cascades sont prévisibles pour la vie qui risque de disparaître… La mise en garde est sévère dans l'évangile de Luc, plus qu'en saint Matthieu avec ses seules béatitudes, puisque ici, entre Heureux ou Malheureux il faut choisir. Choisir son camp. Le chemin pour y arriver à ce bonheur désiré par tous et pour tous s'éclaire par la vie de Jésus. Il a choisi d'être pauvre alors qu'il avait le pouvoir de changer les pierres en pain (et l'eau en vin). Il a choisi d'avoir faim plutôt que de manquer à sa mission - sa famille lui reproche de sauter des repas. Ses proches croient même qu'il a perdu la tête en pareil cas. Il pleure sur Jérusalem devant le désastre annoncé de sa ruine par rejet du message divin de paix et d'amour. Par contre on ne le voit jamais rire de ce rire facile et superficiel qui est pervers quand on se moque des autres. Jésus a été haï, repoussé, insulté jusque sur sa croix, préférant la souffrance aux honneurs et l'effacement d'un Fils d'homme plutôt qu'une gloire triomphante de conquérant. Jésus a renoncé aux moyens des riches pour conquérir les cœurs ; il a renoncé à faire passer en force son message. Il a choisi l'humilité de serviteur et la pauvreté du souffrant pour pardonner, guérir et sauver. Le vrai bonheur est là, selon l'évangile, où l'on est heureux, où l'on saute de joie, où la récompense est grande. Une vraie 'résurrection' pour lui le premier ressuscité, et promise à tous. Pour nous chrétiens il n'y a pas d'autre chemin possible de bonheur à construire que celui de Jésus, chemin à prendre à sa suite, avec ses paroles et ses gestes comme seul bagage. Nous sommes relancés avec l'Eglise sur ce chemin, à chaque eucharistie célébrée.
Gémo
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