L'amour, don de dieu
Jérémie 1,
4…19
Psaume 70
1 Corinthiens 12, 31 - 13, 13
Luc 4, 21-30
Le cadre
La
liturgie, en plus des prières et des lectures, comporte
des gestes et des symboles; ceux-ci parlent par eux-mêmes
s'ils sont bien présentés. L'animateur évite
donc les longs développements et les répétitions
inutiles. Les rites sont transparents du fait de leur brièveté.
Ils seront adaptés à la capacité des
enfants et n'ont pas besoin de nombreuses explications pour
être compris (cf. Vatican II Sc.34).
Le sujet
l'amour,
le meilleur don de Dieu
L'amour ne passera jamais (2ème lecture.) L'hymne
à la charité est bien connu des adultes, peut
- être moins des enfants. Aussi le prend-on comme
sujet.
L’ancrage liturgique
amour
et messe
Le repas du Seigneur, la messe, était qualifié
de " repas de l'amour ", dans la " Prière
eucharistique pour les rassemblements ". Dans la formule
modifiée en " Prière eucharistique pour
circonstances particulières " (cf. liturgie
de la messe - missel des dimanches), cette expression a
été supprimée, par crainte sans doute
de l'ambivalence du mot " amour ".
La liturgie de la messe est toute inspirée de ce
don de Dieu, l'amour.
L'animateur exprime que sans amour (pour Dieu, pour les
autres), se rassembler pour le repas du Seigneur ne vaut
rien.
La lecture
1ère lettre de saint Paul aux Corinthiens, chap. 12,31 - 13,13.Une lecture aménagée comprend le début jusqu'à " l'amour ne passera jamais " ; puis la dernière phrase : " Ce qui demeure aujourd'hui c'est la foi, l'espérance et la charité, mais la plus grande des trois, c'est la charité. "
L’action
Un inventaire de tous les exploits est fait ensemble. Exploits des hommes en se référant à l'actualité et à l'imagination des enfants.
Puis, devant un panneau où tous ces exploits sont inscrits (ou dessinés), une litanie " des cuivres qui résonnent " est proposée : Des couvercles métalliques de boites ou de casseroles, des objets sonores (en cuivre si possible) sont distribués aux enfants, ou à quelques-uns s'ils sont nombreux. Ils forment l'orchestre " des cuivres qui résonnent. "
L'animateur cite chaque exploit noté au panneau, suivi de la réplique parlée du groupe : " si je n'y mets pas d'amour… ", suivie elle-même du tintamarre des " cuivres " que les enfants font résonner brièvement.
Exemple : l'animateur : " faire le tour du monde à la nage. "
Le groupe : " si je n'y mets pas d'amour… "
L'orchestre : ding, dingue, dong !
Le déroulement
. Accueil.
. Lecture de la phrase affichée : " S'il me
manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne.
"
. Présentation du thème : l'amour, don de
Dieu.
. Lecture : saint Paul aux Corinthiens 1 Co 12, 31.
. Action : Litanie des cuivres qui résonnent.
. Chant final : " A l'image de ton amour " D 218.
La préparation
. Se procurer des couvercles de casseroles ou de boites
métalliques (en cuivre si possible)
. Un panneau pour écrire.
. La phrase à afficher : " S'il me manque l'amour,
je ne suis qu'un cuivre qui résonne. "
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens
Frères,
recherchez avec ardeur les dons les plus grands. Et maintenant,
je vais vous indiquer le chemin par excellence.
J'aurais beau parler toutes les langues des hommes et des
anges, si je n'ai pas la charité, s'il me manque
l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une
cymbale retentissante.
J'aurais beau être prophète, avoir toute la
science des mystères et toute la connaissance de
Dieu, j'aurais beau avoir toute la foi jusqu'à transporter
les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien.
J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque
l'amour, cela ne me sert à rien.
L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour
ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil
; il ne fait rien d'inconvenant ; il ne cherche pas son
intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient
pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est
injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il
supporte tout, il fait confiance en tout, il espère
tout, il endure tout.
L'amour ne passera jamais. […]
Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance
et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est
la charité.
"Copyright AELF - Tous droits réservés"
Parole en plus
Le passage de la lettre aux Corinthiens, si souvent choisi dans la célébration des mariages, faisant un bel éloge de l'amour, est curieusement mis aujourd'hui en regard de l'évangile de Luc, où Jésus, plutôt provocateur vis à vis des gens de Nazareth, sa ville d'origine, semble manquer de la charité la plus élémentaire. Le Jésus de l'évangile de Luc serait-il de ces personnes insupportables quand elles rentrent à la maison, alors qu'elles réalisent des prodiges dans leur milieu de travail, et des merveilles dans les associations où elles s'engagent ? … On se rappelle Jésus provocateur lorsque sa famille venait le chercher, déclarant devant tout le monde : " Qui sont ma mère et mes frères et mes sœurs ? Ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique ". Manque-t-il de charité ? Ce Jésus-là est à l'image d'un chirurgien qui crée une plaie pour opérer plus profond et guérir. Jésus parmi les siens à Nazareth crée un choc pour les arracher à leur égoïsme - comme il le fait parfois avec ses apôtres ou avec nous, ses fidèles. Il privilégie, en rappelant des événements passés, le choix de Dieu pour une étrangère, la veuve de Sarepta, pour la sauver de la famine du temps du prophète Elie ; de même pour le général étranger Naaman qui est guéri de sa lèpre par Elisée. Acceptons que l'amour de Jésus pour les siens soit provocateur, c'est le revers de sa tendresse qui n'est pas lénifiante. L'amour a plusieurs facettes et ces textes nous aident à les considérer. L'amour de charité, l'agapé, dont parle saint Paul, est multiforme. On le voit doux, tendre, généreux, attentif et souriant, mais il est aussi douloureux, provocateur, crucifiant, sévère même. L'amour vient de Dieu. C'est un don, un chemin supérieur à tous les autres, sans exclure aucune des ramifications et bifurcations qui en font sa valeur. Le seul modèle des sous donnés au sdf à la rue, ou du don à une association caritative, est réducteur des capacités de la charité - ce mot si mal perçu et déprécié dans le langage commun -. Le modèle unique de charité entrave et mutile la diversité des dons de l'amour. L'amour est inventif, c'est pourquoi on peut redire avec saint Paul, et en être persuadé, l'amour ne passera jamais.

