N'aie pas honte de moi
Habacuc 1,2-3 ; 2, 2-4
Psaume 94
2 Timothée 1, 6…14
Luc 17, 5-10
Le cadre
Des
termes courants ne sont pas compris par tous les enfants,
par exemple, témoigner, être croyant, avoir
la foi. L'animateur précise donc le sens de ces expressions
dans un dialogue au début de la liturgie.
Le sujet
rendre
témoignage
Les enfants, pour beaucoup d'entre eux, sont confrontés
à un milieu de vie non-croyant, au sein même
de leur propre famille, parmi leurs copains et dans le monde
perçu par la télévision. Aussi est-il
important d'apprendre à être heureux de se
rassembler pour le Seigneur, d'apprendre à parler
de lui, de ce qu'il fait, des conseils de sa parole vivante.
Etre fier, ensemble, du Seigneur et de la foi qu'il nous
donne.
La phrase affichée " N'aie pas honte de moi,
" où saint Paul s'adresse à Timothée
(2ème lecture) est réinterprétée
: Jésus s'adresse ainsi à chacun de nous.
L’ancrage liturgique
"
Je crois en Dieu " (le Credo)
Dire " Je crois ", tout seul, n'est pas facile
; on n'est pas trop sûr de soi, ni du sens de ce qu'on
dit. La récitation ensemble du Credo - dire "
Je crois " avec d'autres - rend plus fort; c'est l'Église,
la communauté qui croit et j'en fais partie.
La lecture
la seconde lettre de saint Paul à Timothée (1, 6…14)" Réveille en toi le don de Dieu…n'aie pas honte de rendre témoignage. " L'invitation de saint Paul à témoigner suppose acquise la foi dont parle l'évangile (Luc 17) ; aussi petite soit- elle, comme une graine de moutarde, il y en a assez pour réaliser de grandes choses. Cependant, le choix de la 2ème lecture, seule, évite l'ambiguïté d'une interprétation de l'évangile à la Superman, ou autre série télévisée du même genre, où tous les exploits irréels sont possibles (dire au grand arbre : déracine - toi et va te planter dans la mer…) ce dont les enfants sont friands, sans que la foi soit nourrie pour autant.
L’action
Un échange en petits groupes reprend le sujet énoncé dans la lecture choisie : rendre témoignage. As-tu l'occasion de dire à des copains que tu vas à la messe ? De dire ce qui t'y plaît ? Même question à propos du catéchisme : Es-tu capable de leur dire une parole ou une action de Jésus que tu admires ?Le déroulement
. Accueil.
. Dialogue sur le sens des expressions, être croyant,
être témoin, avoir la foi.
. Lecture, par un enfant, de la phrase affichée:
"N'aie pas honte de moi"
. Lecture : 2ème lettre de Paul à Timothée
(1, 6…14).
. Récitation du " Je crois en Dieu ", après
une brève introduction.
. Action : échange sur le témoignage.
. Chant. " Peuple de lumière " T 601. (…Vous
êtes l'évangile pour vos frères...)
La préparation
. La phrase à afficher : " N'aie pas honte de
moi "
. Le texte agrandi du " Je crois en Dieu " pour
l'afficher.
Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée
Bien-aimé, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t'ai imposé les mains. Car ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de pondération. N'aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n'aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l'annonce de l'Évangile. Tiens-toi au modèle donné par les paroles solides que tu m'as entendu prononcer dans la foi et dans l'amour qui est dans le Christ Jésus. Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l'aide de l'Esprit Saint qui habite en nous.
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Parole en plus
La foi est-elle encore croyable ? Ou incroyable quand on entend Jésus provoquer ses disciples sur leur foi mise à l'épreuve ? Double mise à l'épreuve : celle de l'échec et celle de la réussite. Cf. saint Luc dans les chapitres précédents : l'épreuve de l'échec, ils l'ont vécu à Corazine, à Bethsaïde, à Capharnaüm. Les gens n'ont rien voulu savoir ; trop occupés sans doute à leurs affaires. Si bien qu'en les quittant, les disciples " secouaient la poussière de leurs pieds " selon cette saisissante métaphore de l'échec avéré. La réussite, ils l'ont vécue dans la joie en annonçant le règne de Dieu, en guérissant les malades. Ils reconnaissent devant Jésus que : " Même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. " Quand aux serpents et aux scorpions, ils les écrasent sans difficulté. Car la réussite est aussi une épreuve pour la foi : on se croit capable de plus grandes choses encore, capable de tout, de conquérir l'univers, de le dominer, avec l'énergie spirituelle qu'elle donne. Dans ce contexte d'échec et de réussite, Jésus provoque ses disciples avec ironie. A leur demande : Augmente en nous la foi ", il leur répond : " Si vous aviez la foi gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : déracine-toi et va te planter dans la mer, et il vous obéirait ! " Jésus semble-t-il ironise pour suggérer que la foi n'est pas compatible avec la volonté de puissance, la volonté de dominer les choses et les gens. Si la foi est faite en partie de joie et d'enthousiasme, elle l'est aussi de modestie, restant vigilante et curieuse devant le mystère divin. Modestie de la raison aussi, qui consent à sa condition limitée, finie : " Nous sommes des serviteurs quelconques, nous n'avons fait que notre devoir." Alors, seulement, peut-être, les croyants ayant fait ce chemin, comme Habacuc interpellant le Seigneur devant tant de violence, de pillage, de dispute qui se déchaînent - " Vais-je t'appeler au secours, n'entends-tu donc pas crier ?", pourront-ils en définitive demander humblement et en vérité : " Augmente en nous la foi." C'est la demande à faire aujourd'hui les uns pour les autres.

