Retour du pécheur, joie de Dieu
Exode 32, 7…14
Psaume 50
1 Timothée 1, 12-17
Luc 15, 1-32
Le cadre
La
liturgie de la Parole, même pour un petit nombre d'enfants, est proposée
dès la rentrée scolaire. L'annonce en est faite avec celle de la
reprise du catéchisme. L'âge concerné, celui du primaire (8-11
ans), est bien précisé. Cependant des plus petits se plaisent à
participer, accompagnés de leur frère ou sœur: éviter
l'aspect garderie en maintenant toujours une présence largement majoritaire
des 8-11ans ; des plus grands qui s'ennuient à la messe auront aussi leur
place dans ce type plus actif de célébration.
Le sujet
le
retour du pécheur, joie de Dieu
Les lectures de ce dimanche parlent du retour du pécheur
vers Dieu. Retour, espéré par Moïse,
du peuple d'Israël après avoir adoré
le veau d'or (1ère lecture). Le psalmiste prend conscience
de son péché (ps. 50). Saint Paul, persécuteur
pardonné, devient un exemple de croyant (2ème
lecture). Les trois paraboles de l'évangile de Luc,
la brebis retrouvée, la pièce d'argent retrouvée,
le fils retrouvé, montrent la joie de Dieu pour le
retour du pécheur.
Pour éviter une compréhension erronée
du message, par exemple, l'abus lénifiant du pardon
qui semble acquis d'avance par un Dieu d'amour, ce dont
les enfants un peu retors pourraient être tentés,
l'animateur souligne que le pécheur doit complètement
changer de comportement pour mériter le pardon.
La phrase affichée : " Réjouissez-vous
avec moi ", est une invitation de Dieu sous-entendue
dans les trois paraboles.
L’ancrage liturgique
le
pardon, du point de vue de Dieu (prière pénitentielle)
La
demande de pardon à la messe (prière pénitentielle) est présentée
du côté de Dieu : sa joie d'accueillir celui qui était perdu
pour Lui et qui est retrouvé (pécheur pardonné).
A la
messe, se mettre du point de vue de Dieu oblige à se décentrer de
soi-même. Cela peut être dit simplement : Imaginez la joie de Dieu,
notre Père, lorsqu'on revient vers lui !
La lecture
l'évangile selon saint Luc (15, 1-10)La partie facultative est omise : la parabole du fils retrouvé (lecture choisie du 4ème dimanche de carême, année C) afin de retenir les deux premières paraboles, la brebis retrouvée et la pièce d'argent retrouvée.
L’action
jeu de la pièce retrouvéeDes ronds en carton évoquant des pièces d'argent ont été sommairement dissimulés dans le lieu de la célébration. Le jeu consiste à les rechercher pour que chaque enfant en ait un.
Sur sa "pièce retrouvée" l'enfant inscrit le nom d'un personnage du Nouveau Testament dont il se souvient et qui a été pardonné par Jésus.
Les animateurs aident les enfants à se rappeler ce qui s'est passé ; par exemple :
Pour Pierre, pardonné après avoir renié Jésus, trois fois durant sa passion (Luc 22, 61).
Pour Zachée, chez qui Jésus s'invite; il décide de rendre quatre fois plus à ceux qu'il a volés (Luc 19).
Pour la pécheresse qui répand du parfum sur Jésus (Luc 7, 36-50).
Pour le larron, crucifié comme Jésus, qui lui fait confiance (Luc 23, 42).
Pour Saul, persécuteur des premiers chrétiens, qui devient saint Paul (Actes 9)
Ces
noms peuvent être affichés au préalable
pour faciliter la mémoire. Ou encore, pour ajouter
une difficulté, une liste de noms peut être
affichée, auxquels sont mêlés les cinq
précédents pécheurs notoires, par exemple
: Joseph, Elisabeth, Zacharie, Jean-Baptiste, les Douze
(Luc 6), Marc, Luc, Jean, la Samaritaine, Lazare, Marthe
et Marie, Pilate, Barabbas, Simon de Cyrène.
Toutes les pièces " retrouvées ",
avec dessus le nom inscrit d'un pécheur repenti et
pardonné, sont collées autour de la phrase
affichée : " Réjouissez-vous avec moi;
"
Le déroulement
. Accueil et chant : " Viens rencontrer ton Père " G 180.
.
Prière pénitentielle (présentée et motivée
par la joie de Dieu de voir ses enfants revenir vers lui).
. Lecture : évangile de Luc (15, 1-10) -lecture brève.
. Action : jeu de la pièce d'argent retrouvée.
.
Reprise du chant (refrain).
La préparation
.
La phrase " Réjouissez-vous avec moi " est affichée au
centre d'une feuille (pour coller autour les pièces d'argent).
. Des
ronds de carton (blanc ou argenté), assez grands pour y inscrire un nom,
sont découpés pour représenter des pièces d'argent
- une par enfant - à cacher avant le début de la liturgie.
.
Une liste, à afficher, de noms de personnages du Nouveau Testament.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : " Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! " Alors Jésus leur dit cette parabole : " Si l'un de vous a cent brebis et qu'il en perd une, n'abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : "Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !" Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et qu'elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines et leur dit : "Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue !" Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur que se convertit. "
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Parole en plus
Après avoir lu et entendu les textes de ce dimanche, on prend d'abord acte que l'homme est pécheur, qu'il se détourne facilement de Dieu. Il est capable de placer ses énergies et ses ressources dans des chimères sans avenir. Ainsi les Hébreux au désert se fabriquent un veau d'or, plus concret et visible que le Dieu du ciel. Quant à Saul, le futur saint Paul, il blasphème, persécute, insulte ses semblables qu'il veut éliminer. Et l'évangile montre un fils prodigue qui, dans un rêve d'aventure et d'indépendance, gaspille l'amour familial et l'argent qu'il reçoit. En regardant l'actualité, avec une complaisance de voyeur pour ce qui va mal, le constat n'est pas plus brillant : accidents et meurtres dus à la bêtise humaine ; mépris et gâchis des ressources de notre terre. Il y aurait de quoi désespérer de l'homme, et de Dieu auquel il se réfère, dont il se réclame. Cependant les situations mauvaises se retournent. Heureusement ! Non par un tour de passe- passe qui viendrait d'en haut, mais par l'effort de l'homme qui veut s'en sortir. Ainsi Moïse négocie, pied à pied avec adresse pour que le peuple ne soit pas englouti, détruit. Saul, lui qui a l'habitude de commander, se laisse mener à Damas pour savoir ce qu'il doit faire. Celui d'entre nous qui a perdu la 100ème brebis - elle ne vaut pas cher au regard des 99 autres - part à sa recherche et la retrouve. La femme qui a perdu sa dixième pièce d'argent la retrouve au prix d'un grand remue-ménage. Le fils prodigue se ressaisit après avoir réfléchi ; il rebrousse chemin, revient vers son père et tout se termine en fête. Le message biblique, ici, est clair : l'espérance l'emporte. L'homme est capable de retournement positif, capable de réussir malgré ses handicaps. Dieu, le maître de toutes choses, l'accompagne et le sauve. Tout se termine en fête, dans une joie partagée. On est loin d'une spiritualité misérabiliste où l'homme pécheur ne vaut rien devant Dieu. C'est plutôt dans un véritable partenariat que l'homme trouve sa joie et son salut. L'homme et Dieu sont partenaires ; Rien de bien ne peut se faire sans l'autre. Le psalmiste dit bien ces choses-là, pleines d'espérance et de la nécessité de l'autre comme partenaire pour avancer et se ressaisir. Ne me chasse pas loin de ta face. Ne me reprends pas ton esprit saint (ps. 50). Les baptisés conscients d'avoir reçu l'Esprit Saint comme hôte intérieur, conseiller merveilleux, peuvent vraiment se réjouir de ce trésor de la foi : partenariat divin ! De même que Jésus disait à ses disciples " Je ne vous appelle plus serviteurs, désormais je vous appelle mes amis ", de même les baptisés peuvent dire à Dieu : Nous ne t'appelons plus maître et seigneur, mais ami et partenaire préféré.
Gémo
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