Commandement de Dieu et tradition des hommes
Deutéronome
4, 1…8
Psaume 14
Jacques 1, 17…27
Marc 7, 1…23
Le cadre
Comment
mettre à la portée des enfants l'enseignement
de Jésus qui dénonce l'hypocrisie ? "
Vous laissez de côté le commandement de Dieu
pour vous attacher à la tradition des hommes "
dit-il aux pharisiens (évangile).
Sans doute par des comparaisons, ou des petites paraboles
prises dans la vie sociale ou familiale lorsqu'on passe à côté
de l'essentiel par trop d'attention à des détails.
Le sujet
le
ritualisme.
La pratique religieuse n'échappe pas
à la critique. L'hypocrisie risque de s'y installer lorsque la préoccupation
de la forme dans le rituel l'emporte sur l'esprit qui en est à l'origine.
Ainsi, Jésus critique les pharisiens en rappelant
le prophète Isaïe : " Ce peuple m'honore
des lèvres, mais son coeur est loin de moi "
(phrase affichée).
Les chrétiens, sous peine de voir Jésus
juger comme inutile leur culte à Dieu, leurs prières et leurs célébrations,
ont à surveiller l'esprit dans lequel ils pratiquent. Si le coeur n'y est
pas, que vaut la prière du bout des lèvres ? Ainsi, l'obligation
dominicale de la messe sollicite le coeur et non seulement l'emploi du temps du
pratiquant.
L’ancrage liturgique
l'esprit et la lettre.
Pour être vrai, il est nécessaire
de mettre au jour ce qui pèse, ennuie et agace dans la célébration
de la messe. Le répétitif, le langage trop loin du quotidien, le
ritualisme, l'homélie trop longue ou peu adaptée, le manque de participation,
la confiscation des rôles et services par quelques-uns. Un sondage auprès
des fidèles permet ce pointage avec discrétion et efficacité.
Il permet d'éviter, si l'on en tient compte, l'hypocrisie qui consiste
à continuer de faire ce qu'on a fait, parce qu'on a toujours fait ainsi.
L'action
proposée aux enfants va dans ce sens d'un bilan.
La lecture
l'évangile selon saint Marc chap. 7, 1-23.Le texte peut-être écourté en omettant les deux derniers paragraphes : " Jésus appelle de nouveau la foule "... et " il disait encore à ses disciples..."
L’action
Ensemble, le groupe fait un inventaire de tout ce qui plaît et de tout ce qui ne plaît pas dans la messe. Deux colonnes séparent un grand papier. D'un côté ce qui plaît, de l'autre ce qui ne plaît pas. Chaque enfant exprime au moins une chose de chaque côté. Un des animateurs l'inscrit. Ou bien individuellement, sur 2 papiers de couleurs différentes, qui sont ensuite collés dans les colonnes correspondantes.Le déroulement
.
Accueil et présentation
du thème.
. Lecture : évangile de Marc 7, 1-23.
. Action :
sous forme de sondage, ce qui plaît, ce qui ne plaît pas dans la messe.
. Chant. Souffle imprévisible K 28-44 (refrain :
Esprit de vérité…Esprit de liberté
passe dans nos cœurs.)
La préparation
.
La phrase à afficher : " Ce peuple m'honore
des lèvres, mais son cœur est loin de moi."
. Une grande feuille avec deux colonnes.
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
En ce temps-là, les pharisiens
et quelques scribes venus de Jérusalem, se réunissent
auprès de Jésus et voient quelques-uns de
ses disciples prendre leur repas avec des mains impures,
c'est-à-dire non lavées. - Les pharisiens,
en effet comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement
les mains avant de manger, par attachement à la tradition
des anciens ; et au retour du marché ils ne mangent
pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils
sont attachés encore par tradition à beaucoup
d'autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de
plats. - Alors les pharisiens et les scribes demandèrent
à Jésus : " Pourquoi tes disciples ne
suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent
leur repas avec des mains impures. " Jésus leur
répondit : " Isaïe a bien prophétisé
à votre sujet, hypocrites, ainsi qu'il est écrit
: Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur
est loin de moi. C'est en vain qu'ils me rendent un culte
; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes
humains. Vous aussi, vous laissez de côté le
commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition
des hommes. "
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Parole en plus
L'homme au cœur pur n'existe pas. L'histoire sainte du peuple de Dieu le montre bien. Toute la bible respire cette réalité humaine. L'homme au cœur pur n'existe pas, malgré son aspiration à l'être. L'évangile de Marc exprime la vanité d'une morale qui reposerait sur la multiplicité de règles impératives, telles que les ablutions, lavage de mains, de plats, de cruches et autres pratiques développées à l'infini que les juifs tentaient de respecter. Vanité d'une morale comme l'exprime à l'inverse le rejet systématique par un courant libertaire de toute règle imposée tant par une autorité extérieure que par soi-même. L'homme au cœur pur n'existe pas, malgré son aspiration à l'être. Toute morale qui viserait ce seul objectif de la pureté est vaine. En poussant un peu du côté du culte, de la pratique de la religion, on en arrive au même constat sévère du prophète Isaïe, vanité d'un culte superficiel ou de convenance, que reprend Jésus : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C'est en vain qu'ils me rendent un culte. Les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté les commandements de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. La lettre de saint Jacques enfonce le clou qui fait mal, laissant entendre que la seule pratique de la religion qui honore Dieu c'est d'en sortir pour se fixer sur une morale sociale : venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur, et de se garder propre au milieu du monde. Tout en acceptant cet enseignement critique et exigeant, qui passe au crible la vie de l'Eglise d'aujourd'hui, nous continuons à célébrer la messe avec ferveur, à rendre grâce avec joie, à prier, à offrir, à sacrifier notre temps si précieux, tout ça pour Dieu. Et nous avons raison, poussés par cette intuition fondamentale de la foi : les dons les meilleurs, les présents merveilleux viennent d'en haut, d'auprès du Père. La vraie morale qui sauve et rend pur vient d'en haut. Elle libère des préceptes humains d'en bas, et au besoin de la tradition des hommes. L'homme au cœur pur n'existe pas par lui-même. C'est dans la mesure où il recherche et accepte ce qui vient d'en haut, que dans sa crasse d'en bas, terrestre, il devient pur, préparé à voir Dieu. Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu. Cette béatitude ne promet pas une récompense, mais donne la clef d'une vie heureuse où le cœur et les mains sont ouverts, ce qui permet d'entrevoir Dieu qui lui seul est saint, alors qu'honorer Dieu du bout des lèvres et du bout des doigts ne le permet pas.

